Révolution

La revolution implique la rupture, le changement brusque de paradigme avec ce qui précède pour etablir un systeme différent généralement plus éthique ou conforme à la réalité. Elle peut être d’ordre économique, politique, scientifique, philosophique…
Mais qui decide de la revolution ? Existe-t-il des revolutions naturelles ou est-ce un phénomène totalement artificiel ?

Si l’on se concentre sur les révolutions politico-économique, en France les revolutions de 1789 ou de 1848 ont été menées par des leaders issus de la bourgeoisie, l’élite éclairée et il est admis aujourd’hui que la Révolution française n’est pas à l’origine prolétaire mais qu’elle a été soutenue et aurait été impossible sans les classes soumises. L’élite bourgeoise s’y étant investie dans son propre intérêt, dans le but d’anéantir la noblesse et d’imposer le système qui leur serait le plus avantageux : la République capitaliste.

Mais aujourd’hui il semble que Gavroche a changé de visage. Par exemple les Gilets Jaunes français sont decendus dans la rue pour protester contre une hausse du prix de l’essence -dont ils ont besoin ne serait-ce que pour aller au travail- et n’ont reçu quasiment aucun soutien de l’élite intellectuelle de droite comme de gauche. Doit-on y voir que nos élites intellectuelles sont passées du côté conservateur ou alors ont-elles peur de s’associer au peuple ? Pourtant ces élites semblent nécessaires pour mener à bien la revolution… Toutefois peut-on vraiment dire que les gilets jaunes sont révolutionnaires ? Oui et non. Les statistiques ont montré que la majorité d’entre eux n’avait jamais manifesté, une grande partie d’entre eux sont apolitisés et leur revendication semble à  première vue  loin d’être révolutionnaire… Mais le peuple ne réclamait-il pas du pain lorsque Marie-Antoinette leur aurait répondu de manger de la brioche, quelques années avant la chute de la monarchie ? Et comment ne pas associer la répression policière -dénoncée par l’ONU- terrible qui s’est abattue sur les gilets jaunes et a traumatisé physiquement ou mentalement nombre d’entre eux à la Commune ? Lorsque les systèmes sont en danger et touchent à leur fin, il est quasiment toujours observé un durcissement dans leur doctrine et dans la répression. N’est-ce pas précisément ce qui est en cour ?

De plus c’est un réel ras-le-bol qu’expriment les gilets jaunes, ce fut cette taxe supplémentaire qui fit office d’étincelle comme ça aurait pu être la précédente ou la suivante. Et lorsqu’ils refusent les taxes ce n’est pas pour réduire encore le poids de l’Etat déjà bien amoché mais pour réclamer une vraie politique fiscale qui n’étouffe pas les plus pauvres… Toutefois même s’ils utilisent les symboles de la révolution, peu sont ceux qui souhaitent une réelle rupture, un changement total de système.

De même lorsque les jeunes pour le climat se mobilisent les vendredis ils réclament tous des actions réelles de la part des politiques et certains un changement de système mais il serait faux de généraliser cette volonté à tous les participants…

Le changement est cependant necessaire. On ne compte plus les problèmes sociaux : refugiés, famines, guerre,  fiscalité déréglée.. Et surtout environnementaux avec la polution de l’air, le dérèglement climatique, la fonte des glaces -en particulier du permafrost libérant des maladies inconnues-, l’anéantissement de la biodiversité…

Face à tous ces maux une cause semble sortir du lot : le néolibéralisme. Il s’agirait donc de sortir d’un système politico-philosophico-économique.
En effet comment faire face dans un temps compté à des problèmes si grands sans changer de système. Aujourd hui le néoliberalisme mondialisé ne laisse aucune place à l’humain ni à aucune autre espèce. Tout est fait pour maximiser le profit des grandes multinationales.
Depuis le 18ème siècle, avec les travaux de Quenay notamment, on sait que la croissance est un phénomène fini. Or nos anciennes sociétés capitalistes voient leur croissance s’éteindre et tentent par tous leurs moyens d’en extirper les dernières bribes ce qui durcit le liberalisme et éloigne les préoccupations sociales et environnementales pour plus de profit. Or ce sont ces multinationales qui dirigent le monde car le néolibéralisme a anéanti le rôle de l’Etat. Par ailleurs leur philosophie gangrène la société dans tous les domaines : l’éducation, la santé, les transports, la culture, la recherche  tendent à se privatiser faute de moyen des Etats quand l’alimentation ou l’information est aux mains de quelques puissants. Certes subsistent quelques médias indépendants et ses initiatives éthiques dans quelques domaines mais comment faire face à des géants comme Amazon qui s’épargne les droits de ses salariés et de l’environnement lorsqu’on est une petite librairie par exemple ?  Il semble donc évident que si l’on ne veut pas couler avec ce système économico-politique défaillant il faut en sortir et au plus vite. Or comment faire face à un système qui englobe tout ? De notre quotidien à la façon dont on mène notre vie et notre philosophie individuelle ? Affirmer que le temps c’est de l’argent n’est-ce pas avouer que l’on est pris au piège dans ce système qui tend à tout rentabiliser ? Dès lors quelle autre solution que la révolution ?
Mais si l’on s’accorde sur la nécessité d’une révolution se pose la question de l’après.. Sortir du néolibéralisme, oui mais pour quoi ensuite ? A l’heure de la mondialisation il semble nécessaire de penser la révolution à l’échelle globale… Mais est-ce vraiment possible ? Même si l’on s’accordait sur la nécessité d’une révolution à la fois politique, économique et des mentalités, -ce qui semble difficile à imaginer- comment s’accorder sur ce qui devrait venir après, sur le système rêvé ? Existe-il vraiment ? Doit-on vraiment se poser ces questions ? Rousseau avait il en tête précisément de à quoi ressemblerait la République ? On peut s’imaginer que non.

Il s’agit donc de se lancer à l’assaut de ce système en prenant le risque que ce qui vient après sera peut être pire.. En ayant en tête que ce ne se fera pas facilement, que peut-être certains y perdront la vie… Mais avec l’espoir d’un avenir meilleur.

Et comment est-il possible de prendre d’assaut l’économie ? Posée ainsi cette question semble insoluble. Mais les insurgés de la Bastille n’avaient pas non plus de plan d’attaque précis et ont improvisé le moment venu…
Toutefois dans un premier temps la revolution semble devoir se faire à l’échelle individuelle. Si tout le monde se met à changer radicalement ses habitudes, à agir en accord avec l’environnement, se questionne et questionne le système, peut être peut-on espérer un soulèvement venant d’en bas, du consommateur de base, de la ménagère de cinquante ans. Toutefois ce ne doit pas faire dire à certains que si la planète va mal il ne s’agit que des individus. Ce serait volontairement voiler la réalité. Blamer un enfant qui achète des bonbons est injuste si l’on considère les publicités qu’il ingurgite à longueur de temps et jouent sur les biais cognitifs. Ce ne doit pas non plus mener à une dépolitisation des individus puisque temps que le système est en place, autant ne pas l’aider en n’allant pas voter et exiger toujours plus de l’Etat et des multinationales. Un autre extrême serait d’adopter la posture survivaliste et attendre que le système se crache de lui même sans vraiment savoir ce que cela signifie et laisser l’avenir de l’humanité entre les mains de ceux qui veulent en profiter…

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